Il y a dans l'action d'écrire quelque chose d'éminemment personnel qui tire le Soi vers l'universel pour que ce que l'on écrit puisse être lu par autrui.
Il y a quelque chose de formidable dans la façon dont les souvenirs sont filtrés par la main qui se transforme en prisme et retrace des histoires où l'auteur reconnaît ces souvenirs, ces personnes, ces lieux, pour ce qu'ils sont, et en même temps, ne les reconnaît pas, tant la main inspirée par la muse au souffle créateur les a modifiés, transfigurés, poétisés.
Ainsi les personnes deviennent des personnages, plusieurs personnes donnant parfois naissance à un seul personnage. Et les souvenirs deviennent des points d'une histoire qui n'a plus rien à voir avec le réel. Au point qu'ils s'effacent pour laisser place à une fiction qui se doit d'apparaître réelle au lecteur, et qui l'est en tous cas pour l'auteur.
Mais il en est autrement dans la poésie. Où l'on est habité par le son et l'image, non pas sur un mode cinématographique comme pour la fiction, mais sur le mode figé pour l'image et musical pour le son. Puisqu'un poème est, finalement, une chanson. Avec un rythme, un son, un phrasé, qui conjure l'image qui correspond à sa vibration.
Et cette vibration est en terrible résonnance avec la vibration interne du poète. Finalement, je pense que le poème dit plus sur celui qui l'écrit que toute fiction - même très nettement auto-biographique...
mercredi 17 octobre 2012
mercredi 10 octobre 2012
Passé
Il y avait les nuages
Qui dessinaient des monstres
A la gueule hurlante
Vivants
Il y avait les jonquilles
Cueillies au matin couchant
Eclairant la table
Du salon
Il y avait les fulgurances
D’un avenir pas encore né
L’infinité des rêves
Qui gonflent sans éclater
Il y eût les questions,
Les doutes et les certitudes
Sur ce qu’il y avait derrière
Les nuages informes
Il y eût les conversations,
La parole du juge et du jury
Echangée par-dessus
Les jonquilles fanées
Il y eût les souvenirs,
Brûlants, amers,
Puis bientôt
Oubliés
mercredi 3 octobre 2012
le Temps
J’ai tué le temps
En regardant les photos jaunies
Du passé des autres
En contemplant les aiguilles de l’horloge
Crever l’espace
En comptant les cheveux blancs
Du miroir
En rêvant la nostalgie et le regret
Inutiles, dérisoires
En cherchant à assassiner les secondes
Vainement
En assistant impuissante au spectacle
De leur multitude croissante
De leur fourmillement vertigineux
En voyant le crépuscule devenir nuit
La nuit devenir aube
L’aube devenir jour
Le jour devenir sombre
J’ai tué le temps
Puis, c’est lui qui m’a tuée
Jayne Doe
mardi 25 septembre 2012
Poème
Sur une barque de bois blanc
Qui glisse sur l’onde lisse et pâle,
Elle s’allonge en murmurant
Une mélodie triste, ancestrale.
Emporté par le courant,
Le bateau ivre fuit sans voile
Là où l’emporte le vent,
Sous un ciel sans lune, sans étoile.
Quand glisse une larme de sang
Le long de ses joues d’opale,
De sa complainte, l’on n’entend
Plus même un murmure, plus un râle.
Dans le silence assourdissant
D’une nuit vide et létale,
Le chant est mort, et les instants
Ont disparu comme les étoiles.
Jayne Doe
Winter poem
The snow fell
unexpectedly
A thick coat – velvety –
powdery –
Glistening with frost and
chill
Dull silence fell at the
same time
As the silvery flakes
fell
And I could only hear the
chime
Of the church’s brazen
bell
Watching the flakes drop
steadily
I saw the dark branches
shiver
And from the thickness of
clouds, eerily,
A cool light suddenly
shimmer
The spread of land was
icy – frozen –
Its utter beauty was
breath-taking
And it was only then
That I could feel the
cold within
Jayne Doe
Premiers exemplaires...
Les premiers exemplaires ont été distribués...
La terrible frustration de ne pas avoir pour l'instant de retour sur la réception des lecteurs...
Et la suite qui est bloquée au beau milieu. Inspiration de l'Hiver, reviens !
Pour combler ma frustration : jaynedoe@orange.fr
La terrible frustration de ne pas avoir pour l'instant de retour sur la réception des lecteurs...
Et la suite qui est bloquée au beau milieu. Inspiration de l'Hiver, reviens !
Pour combler ma frustration : jaynedoe@orange.fr
jeudi 13 septembre 2012
L'Ombre et la Lumière : sortie
Voilà.
C'est mon premier roman, il sort le 1er octobre : l'Ombre et la Lumière.
http://www.jetsdencre.fr/lng_FR_srub_11_iprod_341-L-ombre-et-la-lumiere.html
Né d'une idée - certains d'entre nous, humains, avons parfois des flashes en croisant des inconnus. Celui-ci, je parie qu'il a deux enfants. Celle-ci, je la verrais bien secrétaire.
On n'a jamais l'occasion de les vérifier. Les inconnus resteront inconnus.
Mais si c'était vrai?
Si ces fulgurances étaient une forme de télépathie?
Et si on ne se trompait pas ? Et si....
(photo : Antoine Genel)
C'est mon premier roman, il sort le 1er octobre : l'Ombre et la Lumière.
http://www.jetsdencre.fr/lng_FR_srub_11_iprod_341-L-ombre-et-la-lumiere.html
Né d'une idée - certains d'entre nous, humains, avons parfois des flashes en croisant des inconnus. Celui-ci, je parie qu'il a deux enfants. Celle-ci, je la verrais bien secrétaire.
On n'a jamais l'occasion de les vérifier. Les inconnus resteront inconnus.
Mais si c'était vrai?
Si ces fulgurances étaient une forme de télépathie?
Et si on ne se trompait pas ? Et si....
(photo : Antoine Genel)
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